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Violences et Insécurité dans le bas Artibonite : La POHDH attire l'attention des autorités
Posté le jeudi 22 septembre 2011 par icklhaiti

Reconnu comme une région à domination de conflits terriens, le bas Artibonite regroupe huit (8) communes : Saint Marc, Marchand Dessalines, Grande Saline, Verettes, Petite Rivière, Lachapelle, L'Estère, Desdunes. Très fortement touchées par l'épidémie de cholera que la MINUSTHA a introduite en Haïti au milieu du mois d'octobre 2010, ces 8 communes sont le théâtre de divers actes de violences et d'insécurité entre juillet à septembre 2011, qui paralysent sérieusement la vie publique au niveau des communautés.

La POHDH, très présente dans le département de l'Artibonite à travers ses organisations membres, tient à attirer l'attention de la communauté haïtienne en général et les autorités du pays en particulier sur la situation de violences qui se développe dans le bas Artibonite depuis environ trois mois.

Violences enregistrées dans le bas Artibonite ces derniers jours

Les populations des communes de la région du bas Artibonite ont fait face ces derniers jours à de nombreux actes arbitraires : abus d'autorité, répressions policière, violation quasi systématique du droit à la vie et autres actes de violences orchestrées par des bandits non identifiés, qui sèment la panique devant la passivité et l'impuissance des autorités locales et les représentants de l'Etat central. Nous soulignons ci-dessous certains actes enregistrés dans les communes.

• Au niveau de la commune de Saint Marc

Samedi 10 Août 2011, trois bandits non identifiés circulant à motocyclette, ont tué dans le centre ville, un commerçant connu sous le nom de Blanc à compter de 3heures de l'après midi. Par la suite, les bandits ont emporté l'argent de la victime.

Par ailleurs, Orlando PROPHETE, un jeune garçon de 23 ans, a été sauvagement battu dans la soirée du 23 Août par un policier UDMO répondant au nom de Roosevelt DESIRE. Au niveau de l'Hôpital Saint Nicolas de la ville, les femmes enceintes et souffrantes qui devraient être soignées gratuitement et dignement, font systématiquement l'objet de mépris de la part des infirmières qui exigent de l'argent avant de s'occuper de ces patientes malgré la gravité manifeste de leur état.

• Au niveau de Desdunes

Lundi 22 Août, Jn Robert Racine, qui souffre d'une trouble mentale, avait en sa possession 2 couteaux et lançait des pierres sur plusieurs maisons dans la zone de « lòt bò canal » depuis 5 heures du matin.

A la surprise générale des habitants du quartier, Lesly Leroy, un policier du commissariat de Desdunes, a tiré sur Jn Robert. Atteint d'une balle, ce dernier a été transféré à l'hôpital de Médecins sans Frontières à Drouillard pour recevoir des soins. Selon la population, Lesly Leroy est originaire de Desdunes et connait bien Jn Robert.

Peu de temps après, les proches de la victime et d'autres habitants de la commune ont mis le feu dans la maison de la mère du policier et le commissariat de police. Depuis, la commune de Desdunes est privée de policiers. Il faut signaler que le tribunal de la commune de Desdunes est dysfonctionnel depuis un certain temps alors que les actes de viols tendent à augmenter dans la commune.

• Manifestation en faveur de l'électricité au niveau de l'Estère et Pont Sondé

Depuis environs 15 jours, des citoyens et citoyennes de la commune de l'Estère, de Pond Sondé et Marchand Dessalines ont déclenché un mouvement revendicatif en vue d'exiger aux autorités d'apporter des réponses urgentes au problème d'électricité dont ils font face depuis trois mois. Des barricades sont dressées sur la nationale #1 au niveau de L'Estère. Venus en renfort au commissariat de L'Estere, des policiers de l'unité UDMO, issus des Gonaïves, ont lancé de gaz lacrymogènes sur les manifestants. Ces derniers ont répondu en lançant des jets de pierre. Les policiers n'ont pas tardé à tirer à hauteur. Conséquence, Serene Charles, un marchand de borlettes, est mort après avoir été atteint d'un projectile dans la journée du 29 Août 2011 alors qu'il revenait du bureau central de borlette pour lequel il travaillait. Charles est âgé de 40 ans et il père de 3 enfants. Par ailleurs, plusieurs cas de blessés sont enregistrés dans la population.

Quelques jours après la mort du citoyen Charles, les policiers du commissariat de l'Estère ont dû vider les lieux suite aux menaces répétées des habitants de la commune, qui ont brisé des voitures de l'EDH lors d'une visite des représentants de cette institution dans la zone. La POHDH invite les autorités concernées à assumer leurs responsabilités dans le cadre de cette affaire, qui risque de prendre une autre tournure dans les jours qui viennent si des réponses effectives et respectueuses des droits de la population ne sont pas données.

• Au niveau de Petite Rivière de l'Artibonite

Mardi 30 Août à compter de 6 heures du soir, des bandits ont pillé la station d'essence de Petite Rivière de l'Artibonite. Le même jour, des individus non identifiés ont ouvert le feu sur Exumé Ménès, un commerçant. Ce dernier a été atteint de 3 projectiles. Il a trouvé la mort le lendemain 31 Août à l'hôpital Charles Colimon de Petite Rivière de l'Artibonite.

Par ailleurs, deux bandits non identifiés ont assassiné Rial Aristilde, âgé de 35 ans, dans la zone de « Moreau Pey », première section communale de Petite Rivière de l'Artibonite. Rial Aristilde est un chauffeur de taxi-moto, il se rendait sur les lieux de travail quand les bandits l'ont attaqué aux environ de 6 heures du matin. Les voleurs se sont emparés du véhicule après lui avoir ôté la vie.

• Le cas du maire de Petite Rivière de l'Artibonite

A l'occasion de la fête patronale de verettes, le 7 septembre 2011, des individus non identifiés ont ouvert le feu dans la localité de Liancourt sur la voiture du maire de la commune de Petite Rivière, Claude Rollin Delvas, alors qu'il s'apprêtait à regagner sa commune. Le maire a atteint d'un projectile au niveau de sa clavicule gauche et s'est rendu à l'hôpital Albert Schweitzer pour se faire soigner. La POHDH tient à signaler que jusqu'à date aucune enquête n'a été diligentée pour connaitre les véritables agresseurs du premier citoyen de la commune de Petite Rivière de l'Artibonite.

RECOMMENDATIONS

A l'approche de la réouverture des classes, la POHDH estime qu'il est opportun et urgent que les autorités haïtiennes assument leurs responsabilités afin de permettre aux habitants de la région du bas Artibonite de s'occuper de leurs activités en toute quiétude. Ainsi, la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) tient à faire les recommandations suivantes aux autorités concernées afin de freiner la montée des actes de violences et d'insécurité dans la région du bas Artibonite :

1. Par rapport à l'insécurité, la POHDH demande aux autorités policières de se mettre effectivement au travail en régularisant et intensifiant leurs parcours dans les zones stratégiques de manière à protéger le droit à la vie des citoyens et citoyennes du bas Artibonite, qui est garanti dans la Constitution haïtienne dans son article 260 et la Déclaration Universelle des Droits d Humains dans son article 23 ;

2. En ce qui concerne la mobilisation en faveur de l'électricité, la POHDH invite l'EDH à prendre des mesures urgentes et effectives de manière à garantir une meilleure distribution et gestion du courant électrique dans le département de l'Artibonite. A cet effet, l a POHDH tient à dénoncer énergiquement les violences de la police sur les protestataires au niveau de l'Estère et Pont Sondé dont leur revendication est d'une extrême justesse. Par ailleurs, la POHDH veut rappeler à la Police que sa mission est de protéger les citoyens et citoyennes,

3. La POHDH demande à la justice dans la région de l'Artibonite de prendre des dispositions nécessaires afin de rendre justice aux personnes victimes de violences et de l'insécurité grandissante. Des réparations doivent être accordées aux familles des victimes de brutalité ou violences policières

De son coté, la POHDH s'engage à rencontrer les autorités locales des différentes communes de la région du bas Artibonite en vue de s'informer de leur compréhension de la situation.

icklhaiti [ICKL HAITI]



 

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